[The Life of Charlotte Bronte - Volume 1 by Elizabeth Gaskell]@TWC D-Link bookThe Life of Charlotte Bronte - Volume 1 CHAPTER XII 21/51
Je l'ai dit, et je le repete, cet homme est l'egal de Napoleon par le genie; comme trempe de caractere, comme droiture, comme elevation de pensee et de but, il est d'une tout autre espece.
Napoleon Buonaparte etait avide de renommee et de gloire; Arthur Wellesley ne se soucie ni de l'une ni de l'autre; l'opinion publique, la popularite, etaient choses de grand valeur aux yeux de Napoleon; pour Wellington l'opinion publique est une rumeur, un rien que le souffle de son inflexible volonte fait disparaitre comme une bulle de savon.
Napoleon flattait le peuple; Wellington le brusqne; l'un cherchait les applau-dissements, l'autre ne se soucie que du temoignage de sa conscience; quand elle approuve, c'est assez; toute autre louange l'obsede.
Aussi ce peuple, qui adorait Buonaparte s'irritait, s'insurgeait contre la morgue de Wellington: parfois il lui temoigna sa colere et sa haine par des grognements, par des hurlements de betes fauves; et alors, avec une impassibilite de senateur romain, le moderne Coriolan toisait du regard l'emeute furieuse; il croisait ses bras nerveux sur sa large poitrine, et seul, debout sur son seuil, il attendait, il bravait cette tempete populaire dont les flots venaient mourir a quelques pas de lui: et quand la foule, honteuse de sa rebellion, venait lecher les pieds du maitre, le hautain patricien meprisait l'hommage d'aujourd'hui comme la haine d'hier, et dans les rues de Londres, et devant son palais ducal d'Apsley, il repoussait d'un genre plein de froid dedain l'incommode empressement du peuple enthousiaste.
Cette fierte neanmoins n'excluait pas en lui une rare modestie; partout il se soustrait a l'eloge; se derobe au panegyrique; jamais il ne parle de ses exploits, et jamais il ne souffre qu'un autre lui en parle en sa presence.
<<Back Index Next>> D-Link book Top TWC mobile books
|